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Kompakt comme Köln

Cette vidéo tournée en 2005 par Justus Köhncke depuis son balcon met très simplement en scène la KölnTurm. Cette tour dessinée par Jean Nouvel et construite en 2001 au coeur du complexe de « MediaPark » est aujourd’hui avec la cathédrale de Cologne l’un des symboles de la ville.  A la nuit tombée, elle se transforme en véritable balise urbaine grâce aux jeux de lumières qui animent sa façade. Si elle ne détrône pas le Kölner Dom (la cathédrale) ni dans la coeur des locaux ni en taille (9 mètres de moins), elle s’est néanmoins rapidement imposée comme un élément repère du paysage urbain de jour comme lors des longues nuits colognaises. Pas étonnant donc que ce producteur de musique électronique né à Cologne l’ait érigé au rang de « star » de son clip.

MediaPark, la KölnTurm et le Kölner Dom

Encore moins surprenant quand on sait que Justus Köhncke est une des signatures majeures du label Kompakt fondé à Cologne et s’inscrivant dans la lignée de la « vieille » histoire d’amour entre la ville et l’électronique (en 1951 Stockhausen et Xenakis réalisaient les premiers sons électroniques dans les studios de la WDR, puis viendra la mouvance expérimentale du krautrock mélangeant parfois rock psychédélique et bizarreries électroniques).
Kompakt est la figure tutélaire et le support principal de la scène techno-électronique locale qui a été, et reste, l’un des piliers de la musique minimale et plus généralement de la musique électronique allemande. Son histoire est donc indissociable de son ancrage à Cologne au numéro 15 de la Werderstraße, à deux pas du quartier de MediaPark et de la tour de Nouvel.

A la fin des années 1980, les frères Voigt (répondant aux doux noms de Wolfgang et Rheinhart) sont marqués par la scène Acid-House lors d’un voyage à Londres. Dès son retour en Allemagne, Wolfgang aka Mike Inc, va se lancer dans la production musicale et monter en 1991 le label d’Acid-House « Structure ». En parallèle, il crée un magasin dans la Werderstraße un magasin de vinyles spécialisé dans les musiques électroniques. Tout d’abord nommé Delirium, la magasin prend rapidement le nom de Kompakt et voit affluer devant ses bacs à vinyle la majorité des artistes qui formeront bientôt la scène techno de Cologne. Les disques que vendent les Voigt (en particulier le fameuse série de disques Studio 1) et les sons que produit Mike Inc seront à l’origine de l’émergence de la techno minimale caractérisée par une réduction des éléments musicaux et la mise en avant des basses et percussions, en particulier du « klick ». Les frères Voigt et leur bande puisent leur inspiration dans l’environnement urbain épuré (froid ?) de leur ville pratiquement détruite en 1945 puis reconstruite à la hâte jusque dans les années 1960.
Le « son de Cologne » est né au milieu des années 1990 de ces expérimentations et inspirations et va rapidement prendre de l’ampleur en Allemagne avant de prendre son envol dans les clubs mythiques de Berlin (Berghain, Watergate, etc.).

Mais pendant que Berlin focalise l’attention médiatique sur sa scène underground et déjantée, le label Kompakt lance à tour de bras les artistes locaux (Superpitcher, The Modernist, Michael Mayer, Justus Köhncke, etc.) et défriche les talents avec ses compilations « Total Kompakt ». Le minuscule club Studio 672, bien loin du gigantisme des clubs berlinois, sera pendant longtemps l’épicentre de la scène techno de Cologne. En même temps que Kompakt, émergent de nombreux artistes (au premier rang desquels figure Thomas Brickmann) et labels (Ware, max.Ernst, Traum Schallplatten) qui contribuent activement à la renommée électronique de Cologne devenue à la fin des années 1990 l’une des capitales de la production de musique techno (plus que du clubbing).

Aujourd’hui, si le label Kompakt s’est musicalement diversifié (ambiant, pop, electro), il reste l’une des références en matière de musique minimale grâce à des artistes comme Gui Boratto ou Axel Bartsch. Surtout, il demeure un incubateur d’expérimentations musicales et continue à servir de locomotive au dynamisme musical de Cologne pendant que la ville, son atmosphère et ses symboles restent eux, une source d’inspiration discontinue.

La boucle de « Klick » est bouclée.

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